Un modèle conceptuel de données (MCD) est une représentation schématique qui décrit la structure des données d’un système, sans s’occuper de leur stockage technique. Avant d’écrire la moindre ligne SQL, c’est lui qui fixe les règles du jeu.
Ce que représente un MCD

Le MCD répond à une seule question : quelles données le système doit-il gérer et comment sont-elles liées entre elles ?
Il s’adresse à la fois aux développeurs et aux équipes métier. Sa force réside dans son indépendance : un MCD ne dépend d’aucun moteur de base de données (MySQL, PostgreSQL, Oracle). Il existe en amont, au stade de la conception pure.
On le retrouve surtout dans la méthode MERISE, très répandue dans l’informatique de gestion francophone.
Les 3 éléments d’un MCD
Les 3 éléments d’un MCD
Un objet ou un concept du monde réel à connaître. Noté dans un rectangle : le nom en haut, ses propriétés en bas.
Le lien logique qui relie deux entités entre elles et traduit la règle de gestion.
Combien d’occurrences d’une entité peuvent être associées à une autre. Notées (borne_min, borne_max).
Les entités et leurs propriétés
Une entité représente un objet ou un concept du monde réel que le système doit connaître. On la note sous forme de rectangle avec un libellé en haut (le nom) et ses propriétés en bas.
Exemples d’entités classiques :
- Client : id_client, nom, prénom, email
- Produit : id_produit, libellé, prix_unitaire
- Commande : id_commande, date_commande, statut
Chaque entité possède un identifiant (une propriété soulignée qui distingue chaque occurrence de façon unique, l’équivalent de la future clé primaire).
Les associations
Une association (ou relation) décrit le lien qui existe entre deux entités ou plus. On la représente par un losange ou un ovale relié aux entités concernées, avec un verbe à l’infinitif : Passer, Contenir, Appartenir.
Un client passe des commandes. Une commande contient des produits. Ces verbes structurent le modèle et le rendent lisible par n’importe quel interlocuteur.
Les cardinalités
La cardinalité précise combien d’occurrences d’une entité peuvent être associées à une occurrence d’une autre. Elle se note sous la forme borne_min, borne_max de chaque côté de l’association.
Les trois cas de figure courants :
| Type de relation | Notation | Exemple |
|---|---|---|
| Un à un | 1,1 / 1,1 | Un utilisateur a un seul profil |
| Un à plusieurs | 1,1 / 0,N | Un client passe zéro ou plusieurs commandes |
| Plusieurs à plusieurs | 0,N / 0,N | Une commande contient plusieurs produits, un produit figure dans plusieurs commandes |
La cardinalité 0,N signifie « zéro ou plusieurs » : l’entité peut n’avoir aucune occurrence liée. La cardinalité 1,1 signifie « exactement une » : l’entité doit obligatoirement être rattachée.
Un exemple de MCD concret : la gestion de commandes
Voici un MCD simple pour un système e-commerce minimal.
Entités :
- Client (id_client, nom, email)
- Commande (id_commande, date, statut)
- Produit (id_produit, libellé, prix)
Associations et cardinalités :
- Client Passer Commande : un client passe entre 0 et N commandes (0,N) ; une commande est passée par exactement 1 client (1,1)
- Commande Contenir Produit : une commande contient entre 1 et N produits (1,N) ; un produit figure dans 0 à N commandes (0,N)
L’association Contenir nécessite une propriété supplémentaire : quantité. Cette donnée n’appartient ni au produit seul ni à la commande seule : elle n’existe que dans le contexte de la relation.
C’est un cas typique de propriété d’association : quand une information décrit le lien lui-même plutôt qu’une des entités.
Du MCD au MLD : la prochaine étape
Le MCD n’est pas une fin en soi. Une fois validé avec les parties prenantes, il se transforme en modèle logique de données (MLD), qui introduit les tables, les clés primaires et les clés étrangères.
La relation plusieurs-à-plusieurs entre Commande et Produit devient alors une table d’association (ligne_commande) avec ses propres colonnes, dont quantité.
Retenir la séquence : MCD (quoi) → MLD (comment structurer) → MPD (comment stocker).







